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Roman : La servante écarlate – Margaret Atwood

Un jour, Simone de Beauvoir a dit « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. ». Cette citation convient tout à fait à notre livre du jour : La servante écarlate de Margaret Atwood.

Quatrième de couverture :

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’État, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Évangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom.

Defred est devenue une servante écarlate ou plutôt elle n’a pas eu le choix. Son nom ne lui appartient plus, son corps non plus. Maintenant, elle vit chez un Commandant et elle devra lui donner un enfant viable. La reproduction se passe lors d’une cérémonie codifiée avec l’Épouse. Une fois l’enfant né, elle partira dans un autre foyer pour se reproduire une nouvelle fois.

Au travers du regard de l’héroïne, nous découvrons ce qui est arrivé. Surpolution, baisse de la natalité, un état d’urgence a été décrété. Les femmes perdent leurs droits, elles dépendent maintenant de leur mari. Elles deviennent des Épouses (femme dominante de la maison), des Marthas (bonne non reproductible) ou des Servantes (« vagin sur jambes » comme le dit l’héroïne). Au cours du récit se mêlent souvenirs, fantasmes et réalité ce qui peut parfois perturber la lecture puisqu’aucune marque ne montre le changement mais cela apporte énormément à l’histoire et à la compréhension des personnages.

La dureté de ce livre est liée aux échos qui renvoient à notre monde actuel. Notre liberté n’est que peu de choses et tous nos droits peuvent être bafoués rapidement. Dans le cadre d’une menace extérieure, rien n’empêcherait les politiques de mettre en place un tel régime. La puissance de cette dystopie est cette réalité. Defred subit sa situation en n’ayant d’autre choix que la mort si elle se rebelle.

Beaucoup de concepts propres à notre société sont abordés : l’omniprésence de la sexualité, l’accès à l’avortement, la baisse de natalité. Nous retrouvons aussi des thèmes proches de la guerre : la résistance, les exécutions préventives, … D’ailleurs le livre se termine sur un commentaire comme si le témoignage était analysé des années plus tard. Cette touche d’humour met mal à l’aise pourtant nous faisons la même chose actuellement avec les témoignages sur les guerres mondiales.

Mon impression finale est que c’est un bon livre, très intéressant et complet qui fait se questionner. Cependant je ne pense pas qu’il convienne à toutes les sensibilités. Certains passages sont assez crus notamment les descriptions d’acte sexuel sans sentiment ou les pendaisons. Cela peut choquer un jeune public ou mettre mal à l’aise les plus sensibles.

Pour qui ? Un(e) ami(e) qui se pose des questions sur l’avenir politique.

Les + :

  • Superbe histoire
  • Prenant
  • Questionne sur notre existence, la politique, les droits qu’on possède

Les – :

  • Scènes dures
  • Peut choquer

 

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2 commentaires sur “Roman : La servante écarlate – Margaret Atwood

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