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BD : Maus – Art Spiegelman

Pour commencer février, une BD sur la Shoah. Le thème n’est pas gai, cependant Art Spiegelman sublime l’histoire de son père au travers d’un témoignage original.

Quatrième de couverture :

Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis, et de son fils, auteur de bandes dessinées, qui cherche un terrain de réconciliation avec son père, sa terrifiante histoire et l’Histoire. Des portes d’Auschwitz aux trottoirs de New York se déroule en deux temps (les années 30 et les années 70) le récit d’une double survie : celle du père, mais aussi celle du fils, qui se débat pour survivre au survivant. Ici, les Nazis sont des chats et les Juifs des souris.

Les humains sont transformés en animaux afin d’aborder ce sujet sensible. Les Juifs sont des souris, les Nazis des chats, les habitants polonais des cochons. Afin de garder le témoignage de son père, Art Spiegelman lui demande de raconter son histoire ainsi que celui de sa première femme sous l’Allemagne nazi.

Le point de vue est original. On assiste dans la BD à la création de cette dernière. Ainsi, le fils vient voir son père afin qu’il raconte son histoire et l’enregistre sur des cassettes pour qu’il puisse les réécouter après. Le récit est entrecoupé d’évènements contemporains au recueil du témoignage : la nouvelle femme de Vladek part faire les courses, la maladie du père, les photos retrouvés, la copine du fils…

Le père ne porte pas de trop forte accusation sauf sur Hitler. Nous découvrons l’évolution de son niveau de vie de l’homme riche jusqu’à son emprisonnement. Sa déportation permet d’expliquer la vie dans les camps, l’importance de la nourriture, la difficulté de rester en contact avec sa femme. Le point de vue de cette dernière est peu expliqué : décédée au moment de l’histoire, le mari a détruit tous ses journaux et carnets espérant ainsi oublier la guerre.

J’ai beaucoup aimé la réalité de l’histoire mais aussi sa simplicité. Toutes les actions de Vladek sont faites dans le but de survivre. Sa nature avare et ingénieuse lui permet de se préparer mais il subit sans colère sa destinée. La violence nazie est montrée avec pudeur. Il comprend les personnes qui les dénoncent puisqu’ils sont aussi dans le but de survivre.

La mise en perspective avec la période contemporaine montre aussi les effets de la guerre sur Vladek. Il est devenu avare avec la nourriture, peu dépensier et très procédural. Les relations humaines lui sont difficiles surtout lorsque ses interlocuteurs ne partagent pas le même point de vue que lui.

Avec délicatesse, Art Spiegelman met en perspective l’antisémitisme et le racisme lorsque son père décrit un noir comme un voleur à cause de sa couleur de peau. La maladie du père ainsi que sa perte de conscience de la réalité ne sont pas cachés, ni les sentiments du fils que ce soit face à l’absence de sa mère ou à la mise en valeur de ce frère mort durant la guerre. Ces éléments terminent le livre sur une note mélancolique.

Les dessins sont simples en noir et blanc. Le coup de crayon est un peu dur et assez agressif ce qui met en valeur l’histoire ainsi que les protagonistes. Les dessins sur la mort peuvent cependant choquer un public jeune ou sensible.

Pour qui ? Un public averti qui veut connaître et comprendre.

Les + :

  • Témoignages réels
  • Histoire prenante
  • La sensibilité de l’auteur

Les – :

  • Période historique dure
  • Violence pouvant choquer
  • Le coup de crayon parfois trop froid
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